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la culture !
Jeudi 15 janvier 2026

Par ici la résidence artistique

Du 5 au 8 janvier dernier, la cie Kokeshi était en résidence au Quatrain. Entre neige et tempête, la cie , que nous avons déjà accueilli avec leurs précédents spectacles, a pu avancer et travailler sur la création de leur prochain spectacle : Chute

Capucine Lucas, danseuse de la cie , nous livre son journal de bord sur cette semaine mouvementée !


Et voici la suite de notre journal de bord, pour suivre l’avancée de notre prochaine création Chute,spectacle de la Compagnie Kokeshi autour de la thématique de l’inceste, destiné au public à partir de 8 ans, et dont la création est prévue pour octobre 2026.

À ce stade, le projet est co-produit par ONYX, scène conventionnée art et création pour la danse et les arts du cirque à Saint-Herblain (44), la Communauté de communes du Pays Basque (64), le Théâtre Philippe Noiret à Doué-en-Anjou (49), ainsi que le Lieu Unique dans le cadre du projet Qui-Vive! (44).

Troisième résidence au Quatrain à Haute Goulaine (44) , du 5 au 8 janvier 2026

Quelques jours de résidence, entre neige et tempête

Cette troisième étape de création s’est déroulée au cœur de l’hiver, dans une semaine traversée par la neige et la tempête. Comme à son habitude, nous avons été chaleureusement accueillies par le directeur Baptiste Turpaud et son équipe du Quatrain, dont l’attention et le soutien, constants depuis le début du projet, se prolongent et accompagnent chaque étape de notre travail.

Artistiquement, cette semaine de résidence marque une étape importante : les matières s’épaississent, les corps s’engagent davantage, et l’univers du projet s’affirme, entre fragilité, tension et puissance.

Nous avons pu expérimenter notre nouveau sol en damier. Très fort visuellement, il transforme la perception de l’espace et du temps, comme si le regard — et le corps — étaient aspirés vers le fond. Un espace-temps autre se dessine, troublant et immersif.

L’univers sonore s’est précisé : une matière énergique et percutante, électro, à la fois oppressante, entêtante et sensible. Le son devient un partenaire à part entière, qui soutient la tension et la traversée des états.

La danse, elle aussi, s’affine et se déploie à travers plusieurs registres :

La danse de la résistance engage tout le corps dans une lutte physique et intérieure. Tours, rebonds, chutes au sol rythment cette traversée. Tomber, se relever, tenter d’avancer, rechuter, se redresser encore. Le mouvement insiste, s’obstine. Le corps trace son chemin avec détermination, malgré les obstacles.La répétition devient un acte de résistance, une manière de chercher la rupture, de refuser l’effondrement.

Une danse parfois issue du release, où tout commence par les mains. Elles se déplacent librement, respirent, explorent l’espace avant d’entraîner le reste du corps. Le mouvement naît de cette impulsion première et se propage dans le dos, les épaules, le bassin. Les courbes apparaissent naturellement, portées par une grande fluidité. Le corps se laisse traverser, dans une forme d’abandon, comme s’il cédait à une force douce mais persistante. Les bras se déploient devant, sur les côtés, se multiplient, deviennent tentaculaires, créant l’illusion de plusieurs présences à la fois.

Danser avec la chaise ouvre un espace de métamorphose. Le corps oscille entre l’enfant et la femme, entre le jeu et la gravité. La danse se construit à partir de l’attente, de la répétition, des variations d’énergie. Il y a des suspensions, des silences, des respirations prolongées, puis des reprises soudaines. La chaise devient partenaire : on se cache derrière elle, on la déplace, on la fait danser, on la fait résonner. Elle n’est plus un objet mais une présence, presque un autre corps avec lequel dialoguer.

La danse du monstre s’inscrit à l’opposé : large, épaisse, presque lourde. Le corps s’ancre dans le sol, les appuis s’élargissent. Les doigts s’allongent, prennent de la place, deviennent menaçants ou grotesques. Le mouvement est scandé par des arrêts francs, des ruptures, des surprises. Les accents surgissent de manière inattendue, entrecoupant le flux, instaurant une tension permanente, comme si quelque chose pouvait basculer à tout instant.

Nos prochaines étapes de travail se dérouleront à Biriatou, au Pays basque (64), avec une immersion en milieu scolaire, au Théâtre Philippe Noiret à Doué-en-Anjou (49), au THV à Saint-Barthélemy-d’Anjou (49) et à ONYX à Saint-Herblain (44).

Nous sommes encore à la recherche d’une semaine de résidence, entre septembre et octobre 2026, afin de finaliser la création.

Nous recherchons toujours activement de nouveaux soutiens en co-production ainsi que des préachats.

N’hésitez pas à nous contacter pour échanger ou obtenir davantage d’informations.


Pour en savoir + sur la Cie Kokeshi, c’est par ICI