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Dans les coulisses de Chevaleresses : un chœur de femmes se prépare…
Depuis le mois de mai, un chœur d’une vingtaine de femmes répète entre Le Quatrain et l’École de musique de Vertou.
Dirigées par la cheffe de chœur Sandra Kalifa-Darcel, les chanteuses amateurs se préparent à accompagner le spectacle Chevaleresses, présenté le 12 mars prochain.
Un spectacle « coup de cœur » : terrible par ce qu’il raconte, mais aussi magnifique par ce qu’il offre… l’espoir d’une libération de la parole.
En attendant de découvrir ce spectacle sur scène, Sandra et les choristes poursuivent leurs répétitions avec discipline, énergie et enthousiasme. Un travail collectif qui fait déjà résonner les voix et promet un beau moment de partage avec le public.
🎤 Découvrez notre interview de Sandra Kalifa-Darcel, qui nous parle de son rôle de cheffe de chœur, de cette aventure artistique et de la rencontre entre le chœur et Chevaleresses.
Pouvez-vous vous présenter et nous présenter ce chœur de femmes ?
La voix m’a toujours portée depuis l’enfance et elle est au cœur de mon univers professionnel : je l’interprète en tant que chanteuse lyrique, je l’éveille et l’accompagne en tant que pédagogue passionnée, et je la rassemble et l’harmonise en tant que cheffe de chœur. Pour Chevaleresses, j’ai constitué spécifiquement un ensemble vocal de seize femmes animées d’une passion sincère pour l’art du chant. Pour la plupart, ces femmes ne s’étaient jamais rencontrées auparavant. Ce qui singularise également cet ensemble, c’est la convergence de chanteuses provenant d’horizons vocaux distincts : le répertoire lyrique, l’univers gospel, celui du jazz, les musiques actuelles et contemporaines – autant de mondes esthétiques qui cohabitent et s’enrichissent mutuellement. Cette hétérogénéité constitutive produit une richesse sonore unique qui incarne en elle-même l’universalité de la thématique du spectacle. En effet, l’inceste est une réalité qui traverse les frontières, les classes sociales, les générations, les cultures. De la même manière, notre chœur représente cette transversalité humaine : chaque univers vocal déploie ses propres couleurs, ses textures singulières et les ressentis profonds qu’il porte.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à ce projet ?
D’abord, le défi exaltant de constituer un ensemble vocal féminin entièrement pensé pour ce spectacle. Puis, très rapidement, s’est imposée l’urgence de la thématique : explorer le chemin de reconnaissance de la victime d’inceste, sujet si grave et à la portée universelle, concernant des femmes de tous horizons et de toutes conditions. L’idée que la puissance collective du chœur puisse accompagner la comédienne dans son parcours initiatique a immédiatement résonné en moi. Et en découvrant la captation du spectacle, j’ai été bouleversée par l’intensité viscérale et l’authenticité du jeu déployé par Nolwenn Le Doth. C’est donc à la fois un plaisir et un honneur de pouvoir collaborer aux côtés de Nolwenn et de porter collectivement son récit.
Comment se prépare un chœur pour un spectacle de cette nature ?
La préparation dépasse largement la seule maîtrise technique du répertoire musical. Il s’agit de comprendre et d’incarner le rôle transformateur des chevaleresses au sein de la narration théâtrale. Ces femmes ne constituent pas un simple accompagnement vocal en arrière-plan, elles sont des témoins privilégiées du combat intérieur de la comédienne, des soutiens émotionnels, des accompagnatrices solidaires.
Pendant les temps de répétitions, nous procédons à une lecture musicale collective des partitions, certes, mais nous aspirons à transcender cet exercice technique en cherchant, ensemble, à forger ce que j’appelle « notre son de chœur » – cette identité sonore singulière qui sera la nôtre. Là réside toute la difficulté : harmoniser des voix issues de traditions vocales distinctes, créer une unité dans la diversité. Mais là gît aussi toute la beauté, tout le défi et le frisson de ce spectacle. C’est un véritable exercice de transformation collective, où chacune doit se dépasser pour que l’ensemble émerge dans sa puissance véritable.



Est-ce qu’il y a un moment des répétitions qui vous a particulièrement marquée ou amusée ?
Nous en sommes encore aux premières étapes de cette belle aventure, mais ce qui m’a d’ores et déjà frappée, c’est l’implication et la sensibilité que manifestent ces femmes dès le départ. Elles ont saisi l’enjeu avec clarté et elles ne sont pas là par hasard. Il émane de chacune une conscience aiguë de la responsabilité qu’elle porte – celle d’accompagner une parole aussi puissante et intime que celle touchant à l’inceste. Nul doute que des moments forts nous attendent au fil du déroulement de cette aventure…
Qu’aimeriez-vous que le public retienne après avoir entendu votre chœur ?
J’aspire à ce que le public comprenne que notre présence n’est pas un simple apport musical, mais bien une présence solidaire, une force collective qui proclame avec vigueur : « Vous n’êtes pas seules ». Ces voix s’unissent autour d’une cause commune : la reconnaissance des victimes d’inceste. J’ai à cœur que notre ensemble vocal incarne et véhicule ce message fondamental d’espérance et de combativité : oui, on peut se battre ; oui, on peut être entendue ; oui, on n’est jamais seule face à l’indicible.
Un grand merci à Sandra Kalifa-Darcel pour son investissement dans ce beau projet et ses retours chaleureux !



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